Cette année la FAV propose 5 conférences sur des sujets variés mais toujours en relation avec le vin ou la vigne.

L’Agence Régionale du Tourisme du Grand Est, débute la série en organisant une rencontre professionnelle thématique en partenariat avec le Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace (CIVA). Cette rencontre s’est articulée autour de deux tables rondes thématiques en présence de Céline Stentz viticultrice à Wettolsheim, de Philippe Bouvet directeur marketing du CIVA, d’Alexandre Mangano sommelier à la Fourchette des Ducs à Obernai, Roland Frey du bar à vins Le Goupil à Ribeauvillé et de Christophe Weber directeur de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie).

Dan Leclaire a ouvert la séance par une citation de Charles Baudelaire « Boire du vin c’est boire du génie », suivi d’un discours lyrique qui nous a transporté dans l’imaginaire. Philippe Bouvet a de suite rebondit en précisant que le premier enjeu de ce qui lie le vin à la gastronomie est l’émotion, ce caractère émotionnel est très fort.

Céline Stentz ne pouvait que confirmer, elle explique que chaque bouteille de vin reflète l’âme du vigneron et le consommateur doit ressentir cette émotion, le vigneron recherche le partage, raconte une histoire à travers son vin, de son côté il ressent du plaisir à découvrir son flacon associé à la gastronomie. Aller au restaurant est un moment de plaisir, l’émotion d’un bel accord mets-vins est autant présente chez les professionnels que chez les consommateurs.

Alexandre Mangano, sommelier à la Fourchette des Ducs, a entièrement refait sa carte des vins pour mettre les vins d’Alsace en avant. Il propose même deux cartes des vins, une avec uniquement des vins d’Alsace qu’il a classé par terroir, il est passé de 25% de vins d’Alsace présents à sa carte il y 2 mois à 65% de références alsaciennes. C’est important de resensibiliser les alsaciens à la production de leur région, surtout qu’elle est d’une qualité exceptionnelle, avec une complexité incroyable et on peut l’accorder avec tous les types de plats possibles. N’oublions pas que les vins d’Alsace sont aussi des vins de garde. Le sommelier regrette que les vignerons n’ouvrent pas plus leurs œnothèques car depuis qu’il a des anciens millésimes à la carte il fait rêver les consommateurs. Les personnes qui fréquentent son établissement découvrent ou redécouvrent les Pinots Noirs alsaciens car le sommelier les fait déguster à l’aveugle et surtout car les convives lui font confiance. Les trois mots clés pour définir sa démarche sont : oser, confiance et innover.

Suite à cette intervention Philippe Bouvet précise que les vins d’Alsace sont présents sur les cartes des restaurants alsaciens à 49,7%, pourtant le ticket moyen des restaurants proposants des vins d’Alsace est plus élevé que les autres, plus y a de vins d’Alsace à la carte plus le chiffre d’affaire de l’établissement est élevé. Il déclare que la communication ne sert à rien si les vins d’Alsace ne sont pas sur les cartes des restaurants.

Christophe Weber directeur de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) a précisé qu’un des rôles de son organisme est la défense des vins d’Alsace et la formation de personnel capable de les proposer, de transmettre la passion et l’émotion au consommateur et de trouver la bonne alliance plat-vin car le plat doit sublimer le vin. Il a indiqué qu’il faut faire un gros travail auprès des distributeurs pour les inciter à mettre les vins d’Alsace en avant et non les vins sur lesquels ils margent le plus. Un problème de la région est le manque de travail de proximité entre les vignerons et les restaurateurs, à chacun de faire l’effort d’aller à la rencontre de son voisinage, comme le font Sylvie Grucker du Pressoir de Bacchus à Blienschwiller et les viticulteurs du village. Il a noté le manque de présence des flacons alsaciens dans les minibars des hôtels et dans les packs cadeaux pour les congressistes.

En conclusion Philippe Bouvet explique que « nous n’avons pas les meilleurs vins blancs du monde, car ce n’est pas le cas dans l’esprit des gens » et annonce qu’un travail collectif est mené pour créer un label de présence des vins locaux sur les cartes.