Le coteau du Rangen vu de la vallée de Thann

Après avoir étudié un terroir classé Grand Cru assez peu connu dans les milieux œnophiles, j’ai pris la décision de m’attaquer à ce qu’on pourrait appeler un « monstre sacré » de notre vignoble en me rendant aux confins de la Route des Vins d’Alsace pour décrypter les mystères du Rangen de Thann.

Pour m’accompagner sur ce Grand Cru impressionnant à plus d’un titre, j’ai choisi de m’adresser à une famille vigneronne qui a participé activement au renouveau de ce terroir dans les années 70 : ce seront donc Bernard et Alexandre Schoffit qui vont m’aider à mieux comprendre ce grand terroir alsacien.

Hoppla, c’est reparti !

Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.
Bon, ça je l’avais déjà dit…mais c’est pour les nouveaux.

La plus grande partie du Grand Cru Rangen est délimitée sur le ban communal de Thann, une petite ville de 7780 habitants (en 2017) située au pied des Hautes-Vosges entre le Rossberg (1191 m) et le Thannerhubel (1183 m) à l’ouest et le Molkenrain (1125 m) au nord. 

Le centre historique de Thann vu du Rangen

Le secteur est du Rangen appartient au ban viticole de Vieux Thann, un village accolé à la commune de Thann.

Vieux Thann et le clocher de l’église Saint Dominique vus du Rangen

Marquant l’entrée de la vallée de la Thur, une rivière qui naît sur le versant nord du Rainkopf et qui se jette dans l’Ill, Thann est également considérée comme la porte sud de la Route des Vins d’Alsace.

La Thur qui coule au pied du Rangen

Le nom de la ville provient de l’allemand « Tanne », signifiant « sapin », un sapin qu’on retrouve d’ailleurs sur le blason de Thann à côté des couleurs de l’Autriche.

Le 15 février 1469 l’archiduc d’Autriche Sigismond concéda à la ville un écu parti présentant « à dextre les armes de l’Autriche et à senestre un sapin » (« Armorial des communes du Haut-Rhin »).

Lorsqu’on étudie l’évolution du toponyme de Thann on peut se rendre compte que la référence au « sapin » est omniprésente à travers l’histoire : c’est ainsi que cette localité s’est appelée successivement Villa Danne au X° siècle, Castrum Tanne en 1251, Oppidum Thanna en 1304 et Dan au XVI° siècle.

Selon la légende, la ville de Thann tient son origine d’un miracle attribué à Saint-Thiébaut, évêque de Gubbio (Ombrie en Italie) mais selon des faits historiques, la ville de Thann se serait développée à la suite de l’installation d’un péage à l’entrée de la vallée de la Thur.

Ceci dit, même si cette légende ne bénéficie pas d’un réel crédit auprès des historiens, la mémoire de Saint Thiébaut est toujours présente à Thann avec notamment une magnifique collégiale érigée en son nom…sans oublier le fameux Clos Saint Theobald exploité par la famille Schoffit sur le Rangen.

Une pierre gravée qui marque la présence de la famille Schoffit sur le Rangen

Les comtes de Ferrette qui possédaient le château de Thann et contrôlaient le péage durant le XIII° siècle ont joué un rôle majeur dans la fondation de cette ville qui fût officiellement reconnue dès 1290.

La seigneurie de Thann a été détenue par les comtes de Ferrette jusqu’en 1324 avant d’être cédée à la maison d’Autriche lorsque la dernière héritière des comtes de Ferrette a épousé Albert II, archiduc d’Autriche.

Thann est restée sous le giron de la maison d’Autriche jusqu’à la fin de la guerre de trente ans et le traité de Westphalie qui a replacé notre région sous souveraineté française. En 1658, Louis XIV a fait don des anciennes possessions autrichiennes au cardinal Mazarin et c’est ainsi que par le jeu des alliances, le Prince Albert II de Monaco possède aujourd’hui encore le titre de « Comte de Thann ».

Les ruines du château d’Engelbourg détruit par les troupes de Louis XIV, un site qu’on a appelé « l’œil de la sorcière ».

La ville prospéra en bénéficiant des revenus induits par la culture de la vigne et par le passage de nombreux pèlerins venus faire étape sur le chemin de Compostelle.

Vers la fin du XVIII° siècle, la présence d’une eau abondante et d’une main d’œuvre nombreuse et habile a incité des familles aisées de la ville à investir dans l’installation d’usines textiles (filature et tissage de coton surtout).

En 1808, Philippe-Charles Kestner, un hanovrien, établit à Thann une usine de produits chimiques pour répondre aux besoins de l’industrie textile.

Si la filière textile a commencé à décliner à partir de la fin des années 60, l’usine chimique est toujours en activité et reste à ce jour la plus ancienne d’Europe fonctionnant sur le lieu de sa création.

L’usine chimique de Thann vue du Rangen

En 1870, la défaite française à Sedan qui a conduit au rattachement de l’Alsace-Lorraine au II° Reich allemand a conduit un bon nombre de thannois à quitter leur région.

Au début de la première guerre mondiale, la ville de Thann fut libérée par une des premières offensives françaises sur le front des Vosges le 7 août 1914.

Thann fut alors pendant 4 ans la capitale de l’Alsace libre mais sa situation sur la ligne de front lui fera subir de graves destructions.

La seconde guerre mondiale épargna les bâtiments de la ville mais malheureusement de nombreux habitants perdirent la vie en tant que résistants ou en tant qu’incorporés de force dans la Wehrmacht.

Thann est aujourd’hui une ville dynamique et attractive qui bénéficie d’équipements éducatifs, culturels et commerciaux de grande qualité.

Les nouveaux quartiers de Thann vus du Rangen.

Le visiteur pourra apprécier son cadre urbain chaleureux avec ses nombreuses rues et maisons bourgeoises qui valent le détour, comme l’Hôtel de Ville, la Maison de l’Architecte, la Tour des Sorcières et bien sûr la collégiale Saint Thiébaut, véritable joyau de l’art gothique médiéval dont la construction a duré de 1324 à 1516 et qui est considérée comme la plus belle représentation gothique de notre région après la cathédrale de Strasbourg.

L’Hôtel de Ville

La médiathèque

La Tour des Sorcières

La collégiale Saint Thiébaut vue du Rangen…

…et vue de la ville.

L’impressionnant portail à trois tympans, unique en France…

…et ses 150 scènes sculptées où on a identifié plus de 500 personnages.

L’intérieur de la collégiale…

…avec ses vitraux du XV° siècle, son orgue signé Rinckenbach…

…et la statue de Saint Thiébaut.

Thann fait également partie du « Parc Naturel des Ballons des Vosges » et ses environs offrent de nombreuses possibilités de randonnées pédestres entre le Grand Ballon et le Ballon d’Alsace.

Même s’il n’y a qu’un seul viticulteur établi à Thann (le domaine Schnebelen), cette ville est très fière de son vignoble planté sur les pentes du Rangen et offre à l’œnophile la possibilité de visiter une exposition permanente qui présente les différents terroirs des vignobles alsaciens et le travail du vigneron, avant de l’inviter à marcher sur le sentier viticole du Rangen baptisé « La tournée du bangard ».

L’entrée de l’exposition consacrée aux terroirs viticoles alsaciens…

…et une fresque qui me rappelle que mon voyage sur la route des Grands Crus est loin d’être terminé.

Le panneau qui décrit la tournée du « bangard », ces garde-vignes bénévoles qui veillaient sur le vignoble de Thann.

Le Grand Cru Rangen est le plus méridional des terroirs classé alsaciens.

Il se situe à l’entrée de la vallée de la Thur, sur le versant sud du « Rangenkopf » (la tête du Rangen), un coteau très pentu qui culmine à 605 mètres d’altitude et qui surplombe la rive droite de la rivière.

Une parcelle dédiée par le domaine Zind-Humbrecht à un célèbre chef new-yorkais natif de Thann.

Les parcelles les plus hautes sont plantées à une altitude de 470 mètres, juste en dessous de la forêt qui occupe la partie sommitale du Rangenkopf et les parcelles les plus basses, proches de la Thur, se trouvent à une altitude de 360 mètres.

La partie basse du Rangen avec des pentes déjà bien marquées.

Cas unique dans le vignoble alsacien, le coteau du Rangen est le seul à être classé Grand Cru sur la totalité de sa superficie : 22,13 hectares exposés plein sud.

Le tracé du Rangen avec 100% de sa superficie revendiquée en Grand Cru.

Il y a actuellement deux hypothèses plausibles pour expliquer l’origine du nom de ce coteau classé : ce serait une déformation de « Rank », un terme en vieil allemand désignant un versant très raide – le verbe « ranken » encore usité à l’heure actuelle et qui signifie « grimper » (en parlant notamment d’une plante) découle de ce vocable – ou une déformation de « Ranke » un terme allemand désignant la vrille ou le sarment de vigne.

Des rangs de vignes sous la chapelle Saint Urbain…ça grimpe sec !

Sa proximité avec le massif vosgien, son altitude élevée et une pluviométrie assez importante (750mm/an) sont des facteurs qui font du Rangen un terroir où le caractère des saisons est plus marqué que dans les autres secteurs du vignoble alsacien.

Des parcelles du milieu du Rangen qui entourent un piton rocheux.

Sur le plan géologique ce Grand Cru est classé par Serge Dubs (« Les Grands Crus d’Alsace » – 2002) dans la famille des terroirs volcano-sédimentaires.

Le document de référence du CIVA (« Les unités de paysage et les sols du vignoble alsacien »), nous fournit quelques détails supplémentaires en précisant que le Rangen se caractérise par des « sols bruns acides sableux sur grauwackes d’origine volcano-sédimentaires ».

Le domaine Zind-Humbrecht nous propose une description encore plus précise de ce terroir « absolument unique en Alsace » : d’âge carbonifère (Dévono-dinantien) très ancien, le sol du Rangen est « constitué par des roches volcaniques et des sédiments généralement gréseux dans lesquels les éléments volcaniques sont plus ou moins abondants. Les pierres qui le jonchent proviennent de roches dures qui sont des grauwackes, des tufs volcaniques et d’une roche de coulée qui est une andésite micatée brune. »

Un pied de vigne dans la partie basse du Rangen…un peu de terre et beaucoup de pierres.

Un pied de vigne dans la partie haute du Rangen…que des cailloux !

Au niveau physique, ce sol caillouteux d’épaisseur variable (entre 40 et 60 cm), très maigre et pauvre en argiles, repose sur une roche mère fissurée et friable, qui permet la pénétration des racines à une profondeur plus importante tout en favorisant un drainage naturel exceptionnel.

Dans certains secteurs en haut de coteau la roche mère affleure.

Malgré ses pentes redoutables – parfois effrayantes – exposées plein sud, le Rangen reste un terroir tardif du fait de son altitude et de sa pluviométrie élevée.

Une vigne dans la partie haute du Rangen avec une déclivité qui s’approche des 70%.

Sur le plan historique, le vignoble du Rangen est cité dans des documents écrits relatifs à des actes d’achat de vignes par des monastères (l’abbaye de Murbach, le couvent des Dominicains de Bâle…) qui datent des XII° et XIII° siècles mais les historiens sont convaincus que la vigne y fut plantée bien plus tôt.

Attirés par la collégiale Saint Thiébaut de Thann, les nombreux pèlerins venant d’Allemagne, d’Angleterre et des pays scandinaves, ont pu apprécier la grande qualité des crus du Rangen et ont contribué activement à faire connaitre ces vins bien au-delà des frontières alsaciennes.

La splendeur et la force des vins du Rangen est chantée par de nombreux auteurs : « Jamais aucune autre appellation n’a été à l’origine de tant de belles strophes » (Médard Barth – « Der Rebbau des Elsass »).

En 1552, dans son ouvrage intitulé « Cosmogonie », Sébastien Munster parle en termes très élogieux du coteau du Rangen : « une montagne appelée Rang, où il croît du fort bon vin, que ceux de Bâle savent bien » (cité par Claude Muller dans son livre « Alsace – Une civilisation de la vigne »).

Au cours de son grand voyage à travers l’Europe, Michel de Montaigne est tombé sous le charme du vignoble de Thann avec ses « coteau pleins de vignes, les plus belle et les mieux cultivées ».

Le chemin Montaigne

La réputation du « Rangenwein » a perduré durant des siècles en s’imposant notamment sur les tables prestigieuses du Saint Empire romain germanique.

A la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle, la révolution industrielle et les ravages du phylloxera ont conduit les vignerons locaux à abandonner progressivement ce vignoble trop difficile à travailler et peu productif, tant et si bien qu’en 1958 l’historien Médard Barth déclare : « Le vin du Rangen ne sera bientôt plus qu’un souvenir ».

La forêt qui borde le vignoble du Rangen avec des châtaigniers et des robiniers faux-acacias plantés par les vignerons pour pouvoir disposer sur place du bois destiné au façonnage des échalas.

En 1966, un remembrement est effectué sur le Rangen et les 131 parcelles appartenant à 32 propriétaires différents sont réduites au nombre de 55 parcelles. 

A cette date, seuls 5 hectares sont exploités sur le Rangen mais vers la fin des années 70, quelques viticulteurs alsaciens comme Léonard Humbrecht de Turckheim, Bruno Hertz d’Eguisheim et Bernard Schoffit de Colmar remettent en culture ce coteau viticole dont ils connaissent la valeur.

La chapelle Saint Urbain, symbole du domaine Zind-Humbrecht

Ils obtiennent que le Rangen fasse partie en 1983 des vingt-quatre lieux-dits sélectionnés pour devenir les dénominations géographiques de l’appellation Alsace Grand Cru.

La maison Wolfberger exploite également une belle superficie sur le Grand Cru.

Au niveau de la viticulture, le Rangen est probablement le terroir du vignoble alsacien où le travail des vignerons est le plus difficile : sur ces parcelles aux pentes souvent extrêmes, l’entretien de la vigne demande beaucoup de courage et d’énergie ainsi qu’un bon sens de l’équilibre…car il n’est pas rare de trouver des rangs équipés de cordes fixes pour leur permettre de se tenir ou de s’assurer.

Pitons, plaquettes et cordes sont en place…

…bienvenue à « l’école d’escalade » du Rangen.

En 1993, l’ensemble des vignerons du Rangen ont adopté une charte définissant certaines règles de culture de la vigne :

  • pratique de la confusion sexuelle sur l’ensemble du cru et interdiction d’utiliser des insecticides,
  • densité minimale de 6000 pieds/ha,
  • interdiction de toute technique d’enrichissement,
  • degrés minimum de récolte de 11.5° (augmenté par la suite à 12°) pour riesling et muscat et 13.5° (augmenté par la suite à 14°) pour gewurztraminer et pinot gris,
  • rendement maximum de 50hl/ha sans PLC.

En 2010, les vignerons ont décidé de rajouter deux contraintes supplémentaires :

  • interdiction des acidifications et désacidifications,
  • âge minimum d’entrée en production fixé à 5 ans.

Lors de certains millésimes, la topographie du lieu, son caractère tardif, les alternances qui s’y font du chaud et du froid, ainsi que la présence de la rivière et de la forêt, sont responsables d’un développement important de botrytis, permettant de récolter de grands vins moelleux, souvent intensément colorés.

Mais cette situation particulière rend également ce terroir très sensible aux attaques de mildiou et d’oïdium qu’il faudra traiter principalement à pied avec des pulvérisateurs manuels…dur, dur !!!

La viticulture sur le Rangen : beaucoup d’herbe…

…des pentes vertigineuses…

…des murets en pierre sèche…

…et l’obligation de travailler à la main comme Bernard et Alexandre Schoffit en train de palisser une jeune plantation de riesling dans le Grand Cru.

A l’heure actuelle, la totalité de la superficie du Rangen est revendiqué en appellation Grand Cru et l’encépagement se répartit de la manière suivante : 57% de pinot gris, 32% de riesling, 10% de gewurztraminer et 1% de muscat.

Les vins du Rangen sont tous profondément marqués par le caractère « incandescent » et la « minéralité volcanique » de ce terroir qui imprime sa signature durant de longues années.

Sur le plan aromatique ce sont des notes fumées, voire tourbées, et des nuances minérales (pierre à fusil) qui se retrouvent sur les tous vins du Rangen, quel que soit le cépage. En bouche, ils se distinguent par leur concentration et leur profondeur avec des équilibres harmonieux autour d’une charpente acide/saline bien typée.

Les rieslings jeunes présentent des arômes très frais de citronnelle, bourgeons de cassis et mélisse sur un fond empyreumatique (fumé, tabac). Avec l’âge, la palette s’affine en laissant apparaître des notes de pierre à fusil, d’iode et d’herbes de garrigue.

Les raisins de pinots gris et de gewurztraminer du Rangen développent régulièrement du botrytis et produisent des vins amples et opulents avec des textures bien grasses et des équilibres basés sur la salinité et les amers minéraux.

Comme pour tous les Grands Crus, le Rangen engendre des vins qui ont besoin de temps pour atteindre leur pleine maturité…et ce n’est pas le sommelier Romain Iltis qui va nous contredire puisqu’il affirme que le Rangen « est le terroir alsacien qui produit des vins avec le plus grand potentiel de garde ».

La chapelle Saint Urbain vue du bas du Rangen

…SELON ALEXANDRE SCHOFFIT

Pour l’étude de ce Grand Cru mythique, j’ai fait le choix de miser sur la jeunesse en m’adressant à Alexandre Schoffit, un vigneron au parcours atypique qui a rejoint le domaine familial en 2010 mais qui a déjà su se faire remarquer dans les milieux œnophiles par la qualité de son travail à la vigne et en cave.

Après une formation à l’I.N.T. Telecom d’Evry – un double cursus : nouvelles technologies et management – et une année à l’U.C.I. Irvine (Californie) pour valider un diplôme en finance internationale, Alexandre a choisi de revenir à Colmar pour retrouver le domaine familial qu’il n’avait jamais vraiment quitté : « je n’ai jamais perdu le contact avec le domaine familial (…) depuis mes 15 ans, j’ai passé la plus grande partie de mes vacances d’été dans les vignes pour y effectuer tous les travaux en vert ».

Ses parents comme ses grands-parents, qui avaient encouragé Alexandre à entreprendre des études longues, lui ont demandé de revenir au domaine « uniquement par envie », ce qu’il a fait en 2010 après son stage de fin d’études (à Verizon – La Défense) pour suivre les vendanges, les vinifications et les travaux d’hiver…une expérience concluante et une décision importante : « j’ai été attiré par la variété des tâches de ce métier qui nous oblige à respecter la nature et le rythme des saisons ».

L’entrée du domaine Schoffit situé dans le quartier des maraîchers de Colmar

Alexandre est en train de vinifier son dixième millésime sur le Rangen mais la famille Schoffit exploite ce terroir depuis 1986…Petite confidence de la maman : « 1986 est une année importante pour nous puisqu’elle a vu la naissance d’Alexandre et nos premières vendanges sur le Rangen ».

C’est à la fin des années 70 que Léonard Humbrecht a acquis ses vignes dans le secteur ouest et Bernard Schoffit lui a emboité le pas au début des années 80 en commençant à racheter de petites parcelles à des anciens de Thann, propriétaires de « jardins de vignes » et vignerons à leurs heures perdues.

« Avant que les Grands Crus alsaciens ne soient délimités géographiquement, ce label de qualité était attribué à certains vins après une dégustation…et très régulièrement l’une de nos cuvées issues de la Harth obtenait cette distinction ».

Le riesling 1978, labellisé Alsace Grand Cru

Suite à cette nouvelle réglementation, Bernard Schoffit a cherché à acquérir des vignes sur un terroir classé « histoire de continuer à pouvoir proposer des Alsace Grand Cru à sa clientèle »…et c’est sur le coteau pentu de Thann qu’il a trouvé quelques opportunités – « d’abord une petite parcelle de 50 ares et puis une autre… » – pour réussir à se constituer progressivement un joli patrimoine d’un peu plus de 5 hectares sur le Rangen.

Le plan parcellaire du Rangen publié dans la revue « Le Rouge et le Blanc »

Après cette courte phase introductive qui nous a fait prendre conscience des liens étroits que la famille Schoffit avait tissés avec ce grand terroir alsacien, il est temps de poser ma traditionnelle série de questions à Alexandre…C’est parti !

La table est prête pour notre séquence de travail

Comment définiriez-vous ce terroir ?

Pour Alexandre Schoffit, « le Rangen est un terroir unique et complexe ».

Unique par sa situation décrochée du vignoble alsacien « c’est un coteau perdu dans un secteur où il n’y a pas beaucoup de vignes…et où on ne rencontre pas beaucoup de vignerons », par son orientation générale « quasiment en angle droit avec le massif vosgien » et par son altitude élevée « avec des parcelles de bas de coteau situées à plus de 350 mètres, qui se trouvent à une altitude dépassant le niveau le plus haut de nombreux grands crus alsaciens ».

Complexe parce que « très difficile à travailler » : c’est un terroir qui exige un suivi très régulier « avec beaucoup de présence humaine » en imposant aux vignerons d’effectuer « un grand nombre de travaux à pied » puisque la déclivité de la plupart des parcelles de vignes du Rangen interdit toute mécanisation.

Le Rangen qui se trouve sur les pentes d’un « volcan éteint » allie des « éléments chauds » avec « l’exposition au sud, la forte pente et la pierre noire qui accumule la chaleur » et des « éléments froids » avec « sa situation en sortie de vallée, son altitude élevée, son climat humide et venté »…des caractéristiques paradoxales qu’Alexandre retrouve également au niveau de l’ambiance qui règne sur ce coteau « c’est un endroit où je sens de la force et de l’énergie mais que je trouve aussi très calme et ressourçant ».

Bref, le Rangen c’est la sérénité incandescente…un bel oxymore pour qualifier un Grand Cru hors norme.

Quels sont les cépages les mieux adaptés ?

Le domaine Schoffit est le seul domaine à cultiver les 4 cépages autorisés sur ce Grand Cru et même si Alexandre a parfaitement conscience de la nécessité de simplifier la réglementation alsacienne pour gagner en lisibilité pour la clientèle, il avoue avoir un peu de mal à envisager l’élimination de l’un ou l’autre cépage dans leur offre vinique sur le Rangen.

« Le riesling s’impose tout naturellement car ce cépage exacerbe véritablement le caractère minéral de ce terroir ».

« Avec sa richesse naturelle, sa tendance à botrytiser facilement et son côté fumé, le pinot gris constitue, l’allié naturel du Rangen : c’est un cépage qui pousse encore plus le terroir vers une expression extrême ».

Les deux cépages aromatiques sont nettement moins représentés sur ce Grand Cru mais Alexandre estime qu’ils y ont également leur place.

« Le gewurztraminer est très intéressant sur le Rangen car c’est un cépage qui supporte facilement et avec une certaine élégance, les excès de richesse engendrés par ce terroir ».

Pour ce qui est du muscat, c’est un choix plus affectif qui explique sa présence « c’est une parcelle originelle conservée parce que les femmes du domaine (la maman et la compagne d’Alexandre) adorent le muscat du Rangen ».

Un secteur du Rangen où la famille Schoffit cultive les 4 cépages : une grande parcelle de riesling en bas, la petite parcelle de muscat (en forme de triangle) et une parcelle de gewurztraminer au dessus et une parcelle de pinot gris vers l’ouest.

Quels caractères spécifiques ce terroir transmet-il aux vins ?

Les vins du Rangen sont à l’image de leur terroir car ils associent des « caractères froids et chauds ».

Au nez, les vins jeunes présentent des arômes « fumés et grillés » mais avec l’âge ces nuances chaudes se refroidissent pour laisser apparaître des « nuances pierreuses ». 

En bouche, les vins développent des matières « amples et sphériques » avec de beaux arômes « fumés et exotiques » avant de proposer des « finales minérales, pierreuses, assez asséchantes…qui resserrent et ferment un peu la bouche ».

Pour présenter les vins du Rangen à sa clientèle anglophone, Alexandre utilise la formule des « 3 S : Smoky, Stony, Salty ».

En effet, avec leurs jus très riches et leurs acidités assez faibles, l’équilibre des vins du Rangen se réalise grâce à la puissance de leur empreinte minérale qui leur confère une intense salinité : « les vins du Rangen sont difficiles à comprendre car leur équilibre ne peut s’expliquer ni par des paramètres chiffrés ni même par l’analyse sensorielle ».

En fait, ce sont des vins « qui poussent le dégustateur à faire preuve d’humilité ».

Y-a-t’il dans votre mémoire de dégustateur des vins qui vous ont aidé à vous faire une image de ce que devait être ce Grand Cru ?

Avec son parcours de formation qui l’a tenu assez éloigné du milieu du vin, Alexandre Schoffit a éduqué son palais en goûtant beaucoup de vins du domaine familial.

« Je n’ai pas eu l’occasion de faire des stages de dégustation et comme nous avions beaucoup de travail au domaine nous n’avons eu que peu d’occasions de partir en voyage pour découvrir d’autres régions viticoles ».

Alexandre avoue ne pas être capable de procéder à une dégustation analytique d’un vin : « lorsque je goûte un vin, j’écoute mes sensations et mes impressions »… une approche originale mais des commentaires dont la pertinence et la justesse ont été rapidement reconnues par ses pairs.

Ceci dit, Alexandre affirme qu’il n’est pas forcément inspiré par l’image-modèle d’un vin idéal « le vin représente l’aboutissement d’une vigne sur un terroir, ce n’est pas un objectif défini à l’avance…notre travail consiste surtout à aider la vigne à donner le meilleur d’elle-même à chaque millésime ».

C’est aussi pour ça qu’Alexandre considère que le vigneron – avec sa présence, ses connaissances et son savoir-faire – est une composante, incontournable mais souvent oubliée, d’un terroir.

Comment voyez-vous l’avenir de ce terroir ?

« Il est certain que les crus du Rangen bénéficient d’une véritable aura dans le monde des amateurs de vins »

« Ce sont des vins qu’on aime ou qu’on aime pas…mais qu’on respecte toujours »

Ce statut particulier pousse les vignerons qui produisent des vins sur ce Grand Cru à être irréprochables dans leurs pratiques…c’est un terroir qui exige de la compétence, de la conviction et du courage.

La gestion locale du Rangen fonctionne très bien – « les vignerons assistent régulièrement aux séances de dégustation » – mais il reste encore du travail à faire ensemble notamment dans « la définition d’objectifs communs sur ce Grand Cru ».

Les vins du domaine : quelle conception ?

Les vignes sont conduites en viticulture biologique et biodynamique depuis des années mais c’est Alexandre qui a décidé de faire les démarches administratives pour obtenir la certification : « les vignes de la Harth seront certifiées pour le millésime 2020 et celles du Rangen pour 2023 ».

En cave, les pressurages lents et doux sont suivis par une phase de débourbage « assez serré de 24 à 48 heures ».

Les deux pressoirs du domaine Schoffit

Les fermentations se font exclusivement sous l’effet de levures indigènes et les jus sont vinifiés et élevés dans des cuves en inox thermo-régulées.

Même s’il reste quelques foudres historiques dans les caves, le domaine Schoffit travaille tous ses vins dans des cuves inox

Les interventions humaines sont limitées à leur strict minimum et les sulfites sont utilisés avec une grande parcimonie.

Le domaine possède sa propre unité de mise en bouteille et sa propre unité d’habillage et de conditionnement

Le domaine Schoffit produit chaque année environ 80 000 bouteilles qui sont vendues pour 50% à une clientèle particulière, pour 30% à l’export – principalement aux Pays Bas, aux États Unis et au Japon – et pour 20% à des cavistes et des restaurateurs.

Le stockage bouteilles du domaine Schoffit et leur nouvelle oenothèque qui commence à se remplir.

Et dans le verre ça donne quoi ?

Pour commencer cette dégustation, Alexandre me propose une petite mise en train papillaire avec 3 vins de la gamme actuelle du domaine Schoffit :

  • Chasselas Vielles Vignes 2019 : nez floral d’une grande finesse, bouche très gourmande avec un jus ample, une texture assez grasse et une aromatique suave, finale digeste avec une salinité sensible et de beaux amers salivants.
  • Riesling Harth 2017 : nez charmeur mais assez pointu avec une palette fruitée sur le citron frais et la mangue, attaque en bouche franche et sèche, jus bien charnu structuré par une acidité large, très belle finale, digeste et stimulante.

Avec ses sols alluvionnaires de graves très drainants, le lieu-dit Harth est reconnu depuis toujours comme le plus beau terroir du vignoble de Colmar et ce ne sont pas ces deux belles bouteilles qui vont mettre en cause cette réputation.

La cuvée de chasselas propose un équilibre parfait entre gourmandise et buvabilité alors que le riesling charpenté et sapide nous donne une version classique mais très plaisante de ce grand cépage alsacien. Double MIAM !

  • Riesling Grand Cru Sommerberg 2019 : aromatique riche et engageante, notes d’ananas frais sur un fond citronné et pierreux, bouche longiligne mais consistante avec une fraîcheur bien centrée, finale bien tendue avec une présence saline qui commence à se faire remarquer.

Située dans la partie haute du Sommerberg, cette parcelle dont la déclivité peut faire penser au Rangen, a donné naissance à un riesling de très belle facture, tout à fait capable de s’aligner face aux grands noms qui magnifient ce beau terroir granitique. C’est du beau travail, bravo !

Allez, on entre dans le vif du sujet :

  • Riesling Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald 2019 : nez discret avec des nuances grillées/fumées prometteuses, bouche ample et puissante, jus consistant qui enrobe une acidité qui s’aiguise peu à peu pour donner du tonus à une finale encore un peu austère et asséchante, sillage aromatique très long avec des amers nobles et de belles notes fumées et pierreuses.
  • Riesling Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald 2018 : nez vif et expressif, notes de groseille blanche, de citron vert et de pierre à fusil sur un fond fumé discret, attaque douce en bouche, suivie par une montée en puissance assez spectaculaire, matière dense et charpentée qui envahit le palais, finale intense avec un grip tannique très fin mais qui sèche un peu l’arrière-bouche.
  • Riesling Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald 2017 : nez ouvert et avenant avec de belles notes d’agrumes mûrs accompagnées par de fines nuances fumées, bouche qui développe un jus concentré et un joli gras, équilibre très abouti, finale puissante avec une présence saline très intense.

Même si nous les avons dégustés dans leur prime jeunesse – et on sait que les vins du Rangen n’aiment pas trop ça – les 3 rieslings du Clos Saint Théobald ont révélé de façon très explicite les caractéristiques organoleptiques qu’Alexandre Schoffit a évoquées précédemment.

Avec ce 2019 (en bouteille depuis septembre) extrêmement prometteur, ce 2018 qui s’est un peu refermé et ce 2017 qui commence à montrer une partie de son potentiel, nous avons pu vérifier que le Rangen laissait effectivement une empreinte très profonde dans les expressions aromatiques, les équilibres et les textures de ses vins : un côté fumé omniprésent, une puissance remarquable et des finales équilibrées par des présences salines/minérales qui stimulent fortement les papilles.

  • Muscat Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald 2017 : nez ouvert et très charmeur avec une palette florale sur la rose et la fleur de sureau, bouche très suave avec des arômes floraux qui gagnent en intensité, finale digeste avec des amers nobles et un léger grip tannique.
  • Pinot Gris Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald 2017 : nez très agréable avec une palette fruitée (reine-claude, mirabelle) et délicatement fumée, matière riche et bien charnue en bouche, finale étirée et resserrée avec une présence tannique sensible et un long sillage minéral et fumé.
  • Gewurztraminer Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald 2017 : nez assez retenu dominé par des nuances pierreuses et fumées, bouche très opulente avec un jus concentré et une salinité bien sensible, finale sèche et tannique avec un long sillage épicé et fumé.

Les 3 vins suivants issus du même millésime représentent les 3 autres cépages autorisés sur ce Grand Cru avec un muscat 100% ottonel né sur une petite parcelle (15 ares) de vieilles vignes et un superbe pinot gris, qui se goûtent déjà parfaitement bien aujourd’hui même si leurs finales restent marquées par une petite rugosité propre aux vins du Rangen…et pour finir un gewurztraminer fermé sur le plan aromatique mais avec une présence en bouche toute en puissance et en force minérale.

Même si le côté ouvert et avenant du muscat et du pinot gris peut nous inciter à déguster ces vins dès aujourd’hui, le gewurztraminer nous rappelle que les crus du Rangen ont besoin de temps (5 ans minimum…voire bien plus) pour se libérer et donner toute la mesure de leur talent…Patience !

  • Pinot Gris Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald V.T. 2011 : nez très raffiné avec des notes d’amande fraîche et de beurre salé sur un fond fumé assez marqué, bouche volumineuse avec un joli gras, équilibre liquoreux (environ 100 g de S.R.), finale sapide avec un retour fumé très intense.

Récoltés avec un potentiel de 19°5, ces pinots gris ont permis d’élaborer une cuvée riche et gourmande – une vraie caresse pour les papilles – avec une présence saline/minérale qui équilibre très bien la sucrosité du jus (mon ressenti situait ce vin autour de 30-40 g de SR).

Ce vin commence à accéder à son plateau de maturité optimale qui va probablement se prolonger de longues années.

  • Pinot Gris Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald S.G.N. 2002 : nez mûr et complexe, notes de raisin de Corinthe et d’herbe sèche sur un fond fumé/iodé bien sensible, matière ultra riche et très concentrée (13° – 265 g de S.R.) tenue par une acidité saillante (10 g A.T.), finale puissante et très saline, persistance aromatique interminable, notes fumées/grillées et épicées.

Avec ce pinot gris vendangé à 28° potentiels, on entre dans le monde des vins hors normes, qu’on goûte les yeux fermés et pour lesquels on a souvent du mal à trouver des mots qui pourraient les décrire de façon acceptable…

Bref, c’est une bouteille sublime faite pour générer du plaisir et de l’émotion durant les prochaines décennies.

  • Pinot Gris Grand Cru Rangen-Clos Saint Théobald-Larme de Lave S.G.N. 2001 : nez intense mais un peu austère avec des notes d’herbe sèche, de tabac et de fumée, bouche d’une densité incroyable avec jus très sirupeux, presque collant, finale riche et délicatement acidulée, finale très longue avec un retour épicé et fumé.

La dégustation se termine par un autre vin tout à fait exceptionnel.

Issue à 100% d’un tri de grains botrytisés, cette cuvée présente des caractéristiques qu’on ne trouve que dans les plus grands liquoreux de la Mosel allemande (450 g de S.R., 12 g d’A.T. pour 4°5 d’alcool).

C’est le genre de vin rarissime qu’on sirote dans un silence recueilli et qui se passe de commentaires…on ne pouvait pas attendre moins de cette quintessence de Rangen !

Le Domaine Schoffit

  • 68 Nonnenholz Weg, 68000 Colmar
  • 03 89 24 41 14
  • Le Facebook

Et voilà le travail !

Pour conclure, un petit bilan sur cette nouvelle expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru (attention je vais encore me répéter…)

J’ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Rangen comme avant !

Le Rangen est un terroir qui inspire le respect – voire même une certaine crainte – d’une part à cause de sa situation sur ce coteau isolé aux pentes redoutables mais aussi et surtout à cause de la complexité des vins qu’il est capable d’engendrer.

Durant ma longue carrière de picoleur, j’ai eu quelques occasions de goûter des crus du Rangen – notamment lors des dégustations organisées par Thierry Meyer dans le cadre de lOenothèque Alsace – et à chaque fois j’ai eu l’impression de vivre un moment exceptionnel, même si certaines bouteilles n’ont pas été simples à approcher et à comprendre. C’est d’ailleurs pour ça que plus d’une fois j’ai repoussé cette étude à une date ultérieure de peur de ne pas arriver à décrypter le mystère de ce terroir unique.

Grâce à une visite dans le vignoble de Thann, à une étude documentaire assez longue – il y a pas mal d’écrits sur le Rangen – et à cet entretien très instructif avec Alexandre Schoffit, j’ai pu me constituer un petit socle de connaissances qui je pense, va me permettre d’apprécier encore plus ces grands vins alsaciens.

Je sais maintenant que ce Grand Cru donne naissance à des vins généreux et profonds avec des trames minérales particulièrement impressives et des expressions aromatiques d’une complexité rare.

Malgré leur jeunesse – réelle et relative – les vins proposés à la dégustation aujourd’hui par Alexandre Schoffit nous ont donné une belle idée de la force de ce terroir qui plus que tout autre mérite son statut de Grand Cru d’Alsace.

Comme toujours, mon travail sur ce Grand Cru fut une expérience agréable et enrichissante qui m’a donné envie de poursuivre cette longue quête qui me permet de comprendre de mieux en mieux la complexité et la richesse de notre beau vignoble.

Mille mercis à Alexandre Schoffit pour son aide très précieuse durant cette matinée studieuse et gourmande.

Article de Pierre Radmacher, vous pouvez le suivre sur son blog Vins, Vignobles et Vignerons

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