Les jeunes confrères de l’association ont organisé une soirée de présentation de la Confrérie Saint Etienne afin de dépoussiérer son image vieillissante et guindée. En effet, à une époque, le conseil des jeunes était composé de membres de 20 à 30 ans ; actuellement ils sont quadragénaires. Pour attirer des jeunes, le conseil a utilisé les codes de cette jeunesse tout en gardant un lien avec la tradition régionale, d’une part par le choix de l’intitulé de la soirée « Auf » (ouvert) au lieu de Off et d’autre part, en proposant un after knack and wine à la place de l’after work très en vogue. Ces codes donnent le ton du dynamisme, du sérieux et de la bonne humeur qui caractérise ce groupe.

Certes ils veulent donner un coup de renouveau mais sans se couper des origines.

La Confrérie Saint Étienne est la plus ancienne confrérie vinique de France, ses statuts ont été édités au 16ème siècle, c’est également la seule à être propriétaire de son Château.

Le but premier de la confrérie est la promotion des vins d’Alsace, par la communication, des dégustations et des ateliers de découverte et, pour avoir les moyens d’entretenir sa propriété, le Château est en location toute l’année. La confrérie compte 3500 membres dans le monde avec des délégations en Belgique, au Japon, aux États Unis et aux Pays Bas, qui mettent les vins d’Alsace en valeur.

Pour entrer à la confrérie, la condition sine qua non est la passion du vin, sans rapport avec les origines professionnelles.

La confrérie possède une oenothèque impressionnante, débutée en 1950, qui a pris de l’ampleur à partir de 1970 lorsque 12 bouteilles de chaque vin Sigillé y sont stockées. Ainsi sa collection de vins d’Alsace est un panel de vins du nord au sud de l’Alsace et de tous les crus, les seuls critères étant la typicité et la qualité des produits.

Les confrères ne font pas que déguster, ils organisent également des ateliers de travail. Pour l’occasion, ils ont organisé Do you speak Alsace avec Dan Leclaire, consultant en communication, Alsace around the world par David Ling, Grand Maître 2016, ancien responsable export et le confrère Pascal Schiele, directeur export du domaine Lorentz à Bergheim et pour conclure Vieux et formidable par Pascal Leonetti, meilleur sommelier de France 2006.

Dan Leclaire a rapidement donné des éléments pour bien communiquer. Les clés de la communication sont : anticiper, maîtriser et improviser afin de garder la relation avec l’autre.

Pour maîtriser le message il faut transmettre l’émotion, la partager tout en la régulant. Le message est transmis par le visage.

L’anticipation est importante, il faut convaincre l’autre de ce qu’on va faire pour pouvoir l’emmener dans notre monde, c’est la suggestion hypnotique. Dan Leclaire nous en fait une démonstration.

Le message passe par l’apparence, la parole et la conviction, mais pour qu’il passe bien il faut de la sincérité, de la bienveillance et de l’éthique. L’éthique ce sont des valeurs auxquelles on adhère, mais tout le monde n’a pas les mêmes valeurs ; c’est pourquoi il est important de définir ses valeurs pour soi avant tout et de les présenter aux autres.

Chacun a naturellement sa part de communication avec sa proposition d’introverti et d’extraverti ; donc pour bien transmettre le message il faut apprendre, travailler la communication et cela demande de gros efforts suivant la personnalité de chacun.

L’intervention Alsace around the world était plus technique et ciblait les viticulteurs qui veulent se lancer à l’export. David Ling et Pascal Schielé ont décrit le marché export pour les vins d’Alsace. Ils ont donné un carnet de bord à suivre avant de se lancer sur un marché et des astuces à explorer. David Ling a donné quelques exemples de choses à ne pas faire ou ne pas dire à l’export.

En conclusion l’export est une stratégie à définir et demande beaucoup de patience.

Nous avons clôturé les interventions avec les dégustations commentées par Pascal Leonetti de trois vins piochés dans l’oenothèque.

Ses choix se sont portés sur :

  • Un Muscat 1976 du Domaine Louis Sipp à Ribeauvillé,  avec des arômes de végétal, chlorophylle et menthe poivrée. La bouche est équilibrée, ample, un peu marquée par l’alcool. Ce vin est frais, digeste avec des caractères d’épices et de gingembre ; il s’accorderait avec des sushis au saumon accompagnés de wasabi ou d’une sauce épicée.

  • Un Riesling 1979 du Domaine Hugel à Riquewihr, avec une dominante variétale, de zeste de citron et des notes d’épices, de foin et de fumée. La bouche est tendre, saline avec une acidité citronnée, il a une bonne persistance. Il se marierait avec une matelote au vin blanc.

  • Un Gewurtztraminer 1978 du Clos Zisser du Domaine Louis Klipfel à Barr, au nez de mangue et truffe. La bouche est ronde et mentholée avec une amertume variétale. Ce Gewurztraminer accompagnerait la cuisine libanaise ou nord africaine.

Pascal Leonetti a expliqué son attachement particulier aux vins d’Alsace, il a ajouté que l’Alsace doit être fière de sa production et a pointé du doigt que le potentiel de garde des vins d’Alsace n’est jamais mis en avant.

La soirée s’est terminée autour d’un buffet et d’autres flacons de l’oenothèque.

Le Major du conseil des jeunes est confiant sur le résultat de recrutement de la manifestation et d’autres Auf seront certainement organisés.

Cet événement a été possible grâce au soutien du Crédit Agricole, de Groupama et de l’entreprise Petitdemange.

La Confrérie Saint Etienne