Comme tous les 1er samedi de juillet, samedi dernier avait lieu la traditionnelle dégustation de la Confrérie des Amis d’Ammerschwihr et du Kaefferkopf… traditionnelle oui, mais que depuis 2016. En effet après une pose de 10 ans, les Amis d’Ammerschwihr et du Kaefferkopf ont rouvert les portes de leur œnothèque, constituée à partir de 1981, pour proposer une dégustation de vieux millésimes du Grand Cru Kaefferkopf dans la Cave de l’Enfer à Ammerschwihr.

La découverte de 10 flacons de Kaefferkopf s’est faite dans la cave voûtée datant de la seconde moitié du 17ème siècle, à plus de 7 mètres sous la route. On peut y admirer un puit de 7,80 m de profondeur datant de 1675 et 45 foudres en chêne dont le plus ancien fut construit en 1850.

La Cave de l’Enfer est la plus ancienne et la plus profonde cave d’Ammerschwihr. C’est également un lieu chargé d’histoire. En décembre 1944, elle a abrité une centaine de personnes des bombardements qui ont détruit la commune, ainsi que les statues et les Saints de l’église. C’est dans ce lieu que des personnalités d’Ammerschwihr ont créé la société des Amis d’Ammerschwihr, qui deviendra la Confrérie Saint-Etienne en 1947. Ainsi les premiers chapitres de la Confrérie Saint-Etienne se tenaient dans la Cave de l’Enfer jusqu’à son déménagement en 1973 au château de Kientzheim.

Cette dégustation de vieux millésimes du Grand Cru Kaefferkopf a attiré une trentaine de personnes, dont Margaux et Flore (Reine des Vins d’Alsace et sa dauphine), l’adjoint au maire d’Ammerschwihr et de nombreux viticulteurs.

Lors de la préparation de la soirée, les confrères se sont posés la question de l’ordre de présentation des vins. En général, une dégustation de vieux millésimes se fait par année, du plus jeune au plus vieux. Ils ont choisis la dégustation par cépage, du plus jeune au plus vieux.

C’est donc au total 10 vins qui ont été proposés à la dégustation :

Riesling Kaefferkopf

  • 2009 – Domaine Simonis Jean-Paul et Jean-Marc. Un vin franc sur le coté floral, droit avec une pointe de minéralité en bouche et une belle longueur.
  • 1999 – Domaine Schneider Maurice. Un nez sur les agrumes et plus particulièrement vers le citron avec en filigrane un léger coté mentholé, la bouche est franche mais évoluée avec une amertume (extraction ?) trop marquée en fin de bouche.
  • 1989 -Domaine Thomann Jean-Baptiste. Le nez est légèrement poussiéreux et évolué, la bouche est droite légèrement sur l’agrume et une très belle longueur… surprenant, le plus équilibré des 3 Rieslings.

Un confrère a souligné que le vin est le seul produit alimentaire à s’autoriser un voyage intemporel. Le vin est culturel, artistique, émotionnel et historique.

Tokay – Pinot Gris Kaefferkopf

  • 1999 – Domaine Bohn Albert. Nez franc, floral et relativement discret, la bouche est délicate, souple avec une belle trame acide toute fois.

Kaefferkopf

  • 2009 – Domaine Kuehn. Nez sur la rose fraîche, légèrement miellé, on sent une légère sur-maturation, la bouche est ample, droite se terminant sur un coté poivré.
  • 1999 – Domaine Heitzmann Léon. Nez très évolué, poussiéreux, champignon, la bouche est chaude sur les épices.
  • 1989 – Domaine Colon Pierre. Un nez mentholé, frais et droit, la bouche est droite sur les épices avec un très bel équilibre entre l’acidité et l’amertume finissant sur un belle longueur.

Au fur et à mesure de la dégustation le Grand Maître a fait une rétrospective des années présentées pour replacer le millésime dans l’actualité.

Gewurztraminer Kaefferkopf

  • 2009 – Domaine Griss Maurice. Nez marqué litchi très Gewurztraminer mais pas exubérant, la bouche est sur les épices avec une acidité présente mais encore trop marquée par le sucre avec une belle longueur… un vin trop jeune encore qui sera certainement un plaisir à déguster dans 10 ans.
  • 1999 – Domaine Florence Henri. Le nez est franc, sur la rose et le litchi légèrement confit, un bel équilibre en bouche avec une pointe épicée/mentholée.
  • 1989 – Domaine Heitzmann Jean-Baptiste. Nez et bouche évolués, sur les épices avec un bel équilibre et une longueur surprenante.

Un bon moment de découverte, dans un cadre frais qui par cette chaleur fait du bien. Comme toute séance de confrérie qui se respecte, celle-ci fut clôturée par le chant des Amis d’Ammerschwihr et du Kaefferkopf.