La machine à vendanger en Alsace est un cas à part, elle connait un usage en hausse, alors qu’elle est considérée comme un facteur de perte de qualité. La machine à vendanger prouve dans de nombreuses situations qu’elle permet aujourd’hui de fournir une qualité de récolte satisfaisante. Pourtant en France nous ne sommes pas à un paradoxe prêt, la preuve par l’exemple puisque c’est bien notre pays qui est le premier débouché pour les machines à vendanger ; comme un paradoxe ne suffisait pas la France est aussi le premier fabricant mondial.
Preuve de l’évolution constante des machines à vendanger et des mentalités, son usage dans certains crus classés bordelais. Là où d’autres ne se posent pas de questions, en Alsace son usage est entre autre limité par le cahier des charges des AOC, qui les interdisent dans les Crémant, Grands Crus, VT et SGN. Il existe un autre facteur en Alsace, c’est une ligne rouge qui pour beaucoup est commercialement inavouable malgré des gains de productivité conséquents. Cette campagne 2018 aura pourtant été le millésime parfait pour la machine à vendanger, un état sanitaire parfait et une main d’oeuvre de plus en plus difficile à trouver et à fidéliser dans la durée. Un point qui à l’avenir poussera immanquablement les vignerons alsaciens à franchir le cap, le marketing est une chose, l’absence de récolte par manque de main d’oeuvre en est une autre. 
Mais avant de montrer du doigt une machine à vendanger, apprenons à la connaitre. Les premières machines à vendanger datent de 40 ans, le Bordelais était la première région viticole à l’utiliser car le terrain est relativement plat, la Gironde représente le premier marché en France.
La machine à vendanger existe sous deux formes : tractée ou automotrice. Elle effectue trois étapes de la récolte (ramassage des fruits, portage et transfert dans la benne) en une seule opération. De ce fait, elle accroît la rentabilité de la vendange. En effet, l’utilisation de la machine est une solution souple dans le calendrier de récolte.
Le principe de la machine à vendanger est simple. Elle enjambe le rang, des bras cueilleurs, secoueurs, batteurs ou fouetteurs vibrent la végétation (jusqu’à 600 coups/minute) pour faire tomber les grains vers un mécanisme récupérateur (tapis ou godets). Un aspirateur souffle la récolte pour évacuer les feuilles et les branches. Les grains et le jus sont acheminés dans une trémie de stockage. 
Il est possible d’équiper la machine d’un égreneur pour séparer les grains de la rafle (squelette de la grappe).
Évidemment l’utilisation de la machine présente des inconvénients : une perte d’environ 6 % de la récolte, la récolte n’est pas totalement propre (débris de feuilles, pétioles, bouts de sarments, agrafes, escargot) et est sous forme de grappes, baies égrenées (entières ou éclatées) et jus ; il n’y a pas de tri de la vendange.
Le lavage de la machine est important, pour éviter les contaminations de la récolte, mais difficile car elle présente beaucoup de recoins et de matériaux différents. Le lavage nécessite beaucoup d’eau.
L’utilisation de la machine nécessite des adaptations :
• du vignoble : les parcelles doivent être accessibles, pas trop pentues, avoir des rangs larges et être hautes (taille et palissage adaptés)
• le choix des piquets est important car ils sont soumis à de fortes contraintes, ils transmettent l’énergie de secouage à la végétation. Les matériaux utilisés pour les attaches des fils releveurs du palissage sont également important car ils peuvent tomber avec le raisin et se retrouver dans la benne
• des cépages, car toutes les grappes ne s’égrènent pas facilement. Tous les cépages n’ont pas la même aptitude à la vendange machine : port érigé, fragilité des sarments, fragilité des baies ou caractéristiques des grappes (petites, longues, lâches, serrées). Leur état sanitaire est important, car il n’y a pas de tris possible
• selon les règles de l’AOC.
La technique a évolué depuis 30 ans, on peut régler la machine en fonction des caractéristiques de la vigne et des raisins.
Voici 8 règles pour un bon usage de la machine.
1. Choisir le nombre et la position des secoueurs en fonction de la zone fructifère (pas besoin de battre les zones où il y a uniquement du feuillage).
2. Pincement, c’est l’écartement minimum entre deux secoueurs, ce réglage est important car trop serré on tire sur les sarments et on risque de les arracher, trop lâche la vigne est battue et non secouée.
3. Vitesse d’avancement (environ 3 km/h) définit en partie l’efficacité du secouage.
4. Fréquence de secouage (10 coups/min).
5. Amplitude importante car elle est responsable de l’énergie transmise pour décrocher les baies.
6. Vitesse de défilement des convoyeurs pour avoir un bon étalement de la récolte et un meilleur nettoyage (ramassage).
7. Puissance des aspirateurs pour avoir une bonne élimination des feuilles et divers débris sans aspirer les jus.
8. Conduite, l’alignement de la machine sur le rang est important car les têtes de récolte sont lourdes et pendulaires. Si l’alignement n’est pas bon il y a des risques de forts impacts sur la végétation.
En conclusion, la machine à vendanger fournit actuellement une qualité de récolte satisfaisante, à condition de bien la régler et d’adapter sa vitesse d’avancement.
L’utilisation de la machine est à raisonner en fonction du type de vins que le vigneron veut produire.
Un grand merci à l’Entreprise Gsell de Sigolsheim pour son accueil et les explications.

Entreprise Gsell

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