Lors de la récente présentation des vœux à la presse, le président du Groupement des Producteurs de Vins d’Alsace (GPNVA), Thomas Boeckel, a partagé une vision optimiste tout en évoquant des défis cruciaux et des projets novateurs pour le futur de la viticulture dans la région. Un événement qui fut une première et une réussite grasse à l’accueil chaleureux du président du GPNVA, mettant en exergue l’importance de la présence des médias, des réseaux sociaux, et de la presse écrite dans le secteur viticole alsacien. Il a introduit les membres du bureau (Pierre Trimbach, Georges Lorentz, Jacques Cattin Jr et Jean-Baptiste Adam) soulignant le dialogue constructif entre eux et a rappelé le rôle fondamental du GPNVA en tant que syndicat de défense des 33 adhérents, dont deux nouvelles maisons récemment intégrés, les Vins Biecher et la Maison Zeyssolff.

De gauche à Droite  : Jean-Baptiste Adam, Jacques Cattin, Thomas Boeckel, Pierre Trimbach et Georges Lorentz.  

Les défis actuels et l’engagement environnemental

Au cœur des discussions, les défis actuels et futurs des producteurs négociants ont été abordés. La qualité, la valorisation des vins, et la présence sur les marchés mondiaux ont été soulignées par chaque membre du bureau. L’accent a été mis sur les pratiques environnementales, la plupart des membres du GPNVA détiennent une certification environnementale, et certains sont engagés dans en Agriculture Biologique et en biodynamie.

Position majeure sur le marché mondial et projets innovants

Sur le plan commercial, le GPNVA a confirmé son statut d’acteur majeur, représentant 39 % des volumes de vente en 2023, avec une forte présence à l’export. Le président a mis en lumière le rôle clé du GPNVA dans la création d’appellations et dans la croissance des ventes de Crémant d’Alsace, annonçant un nouveau record de vente avec 295.525 hectolitres dont 35% pour le négoce. Le bureau a également souligné son engagement dans des projets interprofessionnels et son soutien à des initiatives majeures pour la promotion des vins d’Alsace, dont la « Cité des Vins » et l’exposition universelle d’Osaka en 2025.

Réformes nécessaires pour préserver l’identité et la qualité

La discussion s’est élargie sur des sujets cruciaux pour l’avenir de la viticulture en Alsace. La hiérarchisation des vins, l’étiquetage, et la gouvernance des institutions viticoles ont été au centre des préoccupations. 

  • Exprimant des préoccupations quant à la hiérarchisation des vins, plaidant pour la différenciation des productions afin de renforcer la notoriété des vins locaux. Inspiré du modèle bourguignon, Thomas Boeckel a suggéré la création d’appellations villages, premiers crus, et grands crus, tout en soulignant l’importance d’une mise en œuvre rapide de telles réformes.
  • Une autre problématique soulevée a été celle de l’étiquetage, avec un accent particulier sur la réglementation relative à la sucrosité des vins. Le président a exprimé sa neutralité concernant ce sujet, mais d’autres membres ont émis des réserves quant à la règle en vigueur et ont appelé à une réflexion approfondie sur l’application des normes européennes en matière d’étiquetage.
  • En ce qui concerne la gouvernance, le bureau a souligné la lenteur des processus décisionnels, désignant les difficultés à faire évoluer les cahiers des charges et les règlements. Le président a plaidé pour une adaptation rapide aux évolutions du marché et une anticipation des besoins des consommateurs. 

Défis économiques et climatiques

Enfin, le le bureau a abordé des questions économiques, mettant en lumière les défis liés à l’augmentation des coûts de production, tels que les salaires et les matières premières. Une problématique qui a des répercussions potentielles sur les prix des vins et la difficulté de maintenir la rentabilité des exploitations viticoles.

Le bureau a également souligné les défis posés par les changements climatiques, appelant à l’adaptation des pratiques viticoles pour faire face au dérèglement climatique, source de stress et d’instabilité. Les complications météorologiques, en particulier des mois d’octobre humides, ont été mises en avant, tout comme l’évolution des cycles de récolte depuis 2020.

Une discussion qui a également mis en avant la nécessité de coopérer pour faire face à des problématiques externes, telles que la taxe Trump, illustrant l’importance des syndicats et associations professionnelles. Les efforts de communication et de promotion de l’industrie viticole ont été soulignés, avec un accent particulier sur la participation à des événements, des dîners, et l’adhésion à des syndicats nationaux pour renforcer la visibilité du secteur viticole.

En conclusion

Thomas Boeckel, président du GPNVA a exprimé son optimisme quant à l’avenir de la viticulture en Alsace, soulignant le rôle clé des maisons familiales dans la préservation de l’identité et de la qualité des vins de la région. Les réformes proposées, allant de la hiérarchisation des vins à l’adaptation aux changements climatiques, démontrent l’engagement du GPNVA à garantir la prospérité de l’industrie viticole alsacienne face aux défis actuels et futurs.