Le Domaine Jean-Louis et Eric Kamm a été fondé en 1905 au coeur du village médiéval de Dambach-la-Ville. C’est un domaine qui compte actuellement 6,5 ha certifiés Bio. Comme souvent dans le vignoble alsacien, le grand-père était en polyculture et c’est avec l’arrivée de Jean-Louis, le père, que le domaine s’est orienté vers une valorisation du vignoble avec la mise en bouteilles de la vendange dans les années 70.

A la tête du domaine familial depuis 2005, Eric est âgé de 33 ans. Il s’installe sur le domaine après 2 ans de BEP et 2 ans en BAC Pro à Rouffach, tout en restant à l’affût de nouvelles formations. D’un naturel curieux, il est ouvert à tout ce qui concerne la vie du vignoble, la cave, les vignes et la nature.

Eric fait partie de cette nouvelle génération de vignerons vifs d’esprit et qui savent pertinemment ce qu’ils veulent ; il a une vision et une approche singulière qu’il nous explique en quelques mots.

Eric est sportif, ancien footballeur qui a arrêté « à cause des articulations qui rouillent », il continue à se faire plaisir en pratiquant le VTT et la course à pied.

Comme vous l’aurez compris, le domaine est une petite structure, c’est pourquoi Eric travaille seul, épaulé par son père qui est à la retraite.

Le domaine exploite les sept cépages alsaciens et produit également du crémant (100 % auxerrois), 70 % du domaine est situé en coteaux, le reste en plaine. Le riesling est majoritaire, les parcelles les plus anciennes ont 70 ans et le parcellaire est éclaté sur cinq communes.

Le domaine exploite 1,6 ha en terrasses ce qui nécessite un travail exclusivement manuel, ce qui ne dérange pas plus que cela Eric qui n’est pas un adepte de la mécanisation à outrance.

Il est à noter que dans les fleurons du domaine le Grand Cru Frankstein trône en bonne place, mais uniquement en riesling.

Eric crée lui même ses étiquettes. Le K majuscule est toujours là en rappel, ainsi que la maison alsacienne stylisée et revisitée. Il y rajoute une petite pointe de jeunesse et de provocation, tout en restant rigolo. Ainsi vous trouverez des cuvées Kamméléon, les Pierres chaudes, etc…. mais pourquoi ?

Ne vous y trompez pas la richesse de création des étiquettes ne cache pas une misère des vins, bien au contraire.

Le domaine a une capacité de 500 hectolitres en cuverie et produit environ 30000 bouteilles. La vente est en très grande majorité orientée vers le particulier (caveau, salons, livraisons et expéditions), le reste va à l’exportation en Hollande et en Belgique.

Le domaine, après avoir été en agriculture raisonnée, puis en conversion biologique pendant trois ans, est à présent certifié Bio depuis l’année dernière. C’est au moment des vendanges que le domaine connait son pic d’activité avec une petite quinzaine de saisonniers, des habitués locaux pour la plupart d’entre eux. 80 % de la vendange est récoltée manuellement et le reste en machine à vendanger.

Eric nous explique sa philosophie de la vendange et du vin

Eric est un vigneron proche de sa terre et qui ne jure que par le terroir, il est membre de la Confrérie Vinique des Bienheureux du Frankstein, c’est un amoureux du patrimoine local et ne manque pas une occasion de vous narrer pèle mêle l’histoire du village, du vignoble, de la chapelle, du château voisin, etc… et  le pire c’est qu’il ne manque pas d’humour.

Il est toujours plus agréable de déguster de bons vins, et pour couronner cette belle découverte il nous a proposé:

– l’Auxerrois Cuvée des copains, un vin sec, salin, minéral et ample.

– Le Riesling Prestige, un vin vif sur les agrumes et avec une légère minéralité.

– Le Riesling Grand Cru Frankstein, un vin sec d’une grande légèreté avec des notes de pierre à fusil légèrement agrume, un vin typiquement gastronomique.

C’est un reportage où la découverte est vraiment complète car tout en discutant, il nous a fait découvrir son vignoble et son sol. Il faut bien reconnaitre que le panorama sur les hauteurs de Dambach est vraiment splendide et d’autant plus appréciable avec un guide comme Eric.

Le Domaine Jean-Louis et Eric Kamm