Associer la sophrologie et la dégustation peut paraitre au premier abord farfelu. Mais quelle expérience surprenante.

Valérie Beyer du domaine Emile Beyer a convié une vingtaines de personnes à tenter l’aventure.

L’équipe du domaine a réussi à donner l’aspect de cocon à la cave située au centre du village médiéval d’Eguisheim avec des bougies.

Virginie Isner Laemmel, sophrologue à Colmar, assise au centre de la tablée débute l’expérimentation par la mise en condition de l’assemblée, exercices de respirations pour que chacun se recentre sur lui-même et prenne pleine conscience de son corps dans l’environnement qui l’entoure.

Après un quart d’heure, Chloé et Marion, les instigatrices du projet font « péter » le bouchon du Crémant. Le bruit festif de ce bouchon qui s’expulse rempli tout l’espace. Et dans ce calme inhabituel, les yeux fermés, on entend la mousse qui se forme dans un bruit cotonneux, puis décline tranquillement en douceur, suit le son de la bulle qui explose en surface. Trois Crémants différents sont servis et on se rend compte que le Crémant est bavard, que la bulle a une tonalité différente suivant le vin. Chaque Crémant a sa voie : grave, aigue, velouteuse, sa personnalité : nerveux, calme, distingué et élégant.

Virginie demande qu’on touche, qu’on caresse le verre pour se rendre compte de la température, ce touché semble être relié au touché de bouche, car certains participants ont été plus sensible à la texture des vins et des bouchées servies en accompagnement.

D’autres expérimentateurs ont vu leur odorat se décuplé, certains se sont replongés dans leurs souvenirs ou on remarqué un de leur sens se mettre en veille pour laisser la place à un autre plus discret en temps normal.

Toute la dégustation s’est déroulée dans le calme et la détente, même si l’orage s’est invité.

La sophrologue a ramené tout le monde doucement pour parler de l’expérience et mettre des mots ou des dessins sur le ressenti ou les émotions perçus.

L’assistance a été bluffée par cette sophrodégustation, même les personnes qui ont éprouvé des difficultés à s’immerger dans la méditation.

On a redégusté le Crémant qui nous a le plus interpellé durant la séance et là on découvre, en fait, un autre vin plus dur, moins soyeux et moins calme.

La dégustation est personnelle, et dans cette nouvelle approche c’est encore plus vraie car on est seul face au vin, nos sens sont plus ou moins exacerbés suivant notre personnalité, on prend conscience de nouveaux sens et personne ne nous influence par son analyse.

Le domaine pense renouveler l’expérience, nous ne manquerons pas de diffuser l’information.

Le Domaine Émile Beyer

 

Virginie Isner Laemmel – Sophrologue

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