Les traditionnelles vendanges de l’amitié organisées par l’AVA, qui réunissent les services de l’état, les élus et les institutions représentatives du monde viticole alsacien ont laissé place cette année, en raison des conditions météorologiques, à un « point sur la viticulture en toute convivialité ».

La préfète de la région Grand Est Josiane Chevalier, le préfet du Haut-Rhin Louis Laugier, de nombreux élus (maire, sénateur, député, député européen, conseiller départemental et même ministre) et représentants des institutions viticoles (chambre d’agriculture, FDSEA, MSA, CIVA) ont répondu à l’invitation de Jérôme Bauer (président de l’AVA) pour exprimer leur soutien à la filière viticole.

Après une visite de cave du domaine Jacques Bauer et fils à Herrlisheim où Jérôme Bauer a expliqué aux préfets le fonctionnement d’une exploitation viticole alsacienne, tout le monde s’est rendu dans une salle mise à disposition par la municipalité pour faire un tour de table.

Le président de l’AVA a ouvert la séance par une présentation du millésime 2020, exceptionnel par sa précocité, son état sanitaire mais également par la mise en place et le respect des consignes sanitaires durant les vendanges pour éviter les clusters. Ce millésime aura été marqué par de grosses tensions, mais la nature a eut raison sur le débat des rendements. La situation économique des domaines viticoles alsaciens est tendue à cause des fortes baisses des ventes durant le confinement, les marchés à l’export sont à l’arrêt, la restauration reprend péniblement et les salons s’annulent les uns après les autres. Les domaines n’ont aucune visibilité.

Tout le monde autour de la table était d’accord sur le point que les solutions apportées par le gouvernement pour faire face à la crise ne sont pas adaptées à la viticulture alsacienne. Beaucoup de domaines ont mis rapidement en place des systèmes de ventes en lignes et de livraison dès le début du confinement pour faire face aux factures et maintenir les emplois, surtout que les travaux dans les vignes ne se sont pas arrêtés, ainsi le chômage partiel et l’exonération des charges en cas de perte de plus de 80% de chiffre d’affaires ne sont pas adaptés. D’ailleurs David Herrscherr, président de la MSA d’Alsace a indiqué que la MSA n’est pas en accord avec l’Etat et demande une suspension des majorations de retard des paiements des cotisations.

La viticulture alsacienne a besoin d’aides à la commercialisation, très peu de domaines sont éligibles au plan de relance, elle n’est plus en capacité d’investissement et de nombreuses structures rencontreront des difficultés à rembourser les prêts garantis par l’Etat (PGE).

Jean Rottner, Président de la Région Grand Est a expliqué que la Région Grand Est est la région la plus touchée par les retombées de la crise, d’où la nécessité d’un rebond commercial et économique, pour ce faire la région a développé un programme régional d’aides ciblées (développement de conseils, aide à l’acquisition et la formation pour la transformation digitale et l’innovation). Il a admis que la Région n’a pas suffisamment communiqué sur ce sujet.

Au dossier de gestion de la crise de la COVID-19 s’ajoute d’autres dossiers tel que :

  • Le coût sur le prix des bouteilles des chartes sur le respect de l’environnement. Un virage pris depuis longtemps et volontairement par la viticulture alsacienne. La FDSEA souhaite développer la coopération avec l’AVA pour soutenir la filière viticole dans les dossiers des ZNT (zones de non traitement), la gestion durable de l’eau et la gestion responsable du foncier agricole.
  • Le verdict sur l’entente sur le prix du raisin et du vin en vrac. Sur ce dossier la chambre d’agriculture a proposé son aide car la filière lait a été confrontée à un dossier similaire.

Josiane Chevalier, la préfète de Région et du Bas-Rhin, a débuté son intervention en expliquant qu’il y a « un esprit du Grand Est » qu’il faut conserver à tout prix. Elle a félicité la viticulture alsacienne car les mesures sanitaires pendant les vendanges ont été respectées et qu’aucun cluster ne s’est développé sur les domaines durant cette période. Elle a affirmé que les préfets essaient de développer des mesures régionales. Elle pense qu’il y aura des adaptations du PGE à l’évolution de la crise, un nouveau plan de relance et un business act qui devraient faire baisser les charges sociales.

Brigitte Klinkert, ministre, a conclut la réunion en affirmant que la viticulture alsacienne est un atout majeur en terme d’emplois, pour le tourisme par sa route du vin, l’hospitalité et la convivialité des domaines et en terme culturel car la viticulture est l’ambassadrice de l’Alsace par l’exportation.

Cette matinée s’est achevée en toute convivialité par un bon beakahoffa au coin du meunier à Herrlisheim.