Il y a quasiment 4 ans, jour pour jour, avait lieu l’élection de la Reine des Vins d’Alsace. Un souvenir qu’il faut se remémorer puisque cette année, Covid oblige, il n’ y aura pas l’élection d’une nouvelle Reine des Vins d’Alsace.

Alors retour dans le passé et peut être un peu de nostalgie pour toutes celles qui se reconnaitront.

Depuis 1954, l’Alsace élit sa Reine des Vins et ses dauphines chaque année ; elles sont intronisées lors de l’inauguration de la Foire aux Vins de Colmar et y découvrent la couleur de leurs écharpes. Nouveauté cette année, le vote des internautes qui a permis de sélectionner 8 candidates parmi les 54 postulantes.

Pour se présenter à l’élection de la Reine des Vins d’Alsace, les jeunes filles doivent avoir entre 18 et 25 ans, être originaire et avoir des attaches avec le vignoble alsacien, avoir des connaissances du vin, du vignoble, de la gastronomie et du tourisme, avoir une aptitude à communiquer leur passion au public et, un détail à ne pas négliger, être disponible, ce qui n’est pas évident quand on poursuit des études ou qu’on travaille, d’où l’importance du soutien de leur entourage personnel et professionnel durant leur année de règne.

Les 8 candidates ont été convoquées mardi 28 juin au CIVA (Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace). Avant l’épreuve orale, Alix, Joséphine et Laetitia (ancien trio royal) sont passées pour les encourager, leur expliquer le déroulement et les erreurs à ne pas commettre et tenter de les déstresser (elles sont sous pression car elles portent les espérances que les domaines et les familles ont placées en elles).

Les filles se présentent les unes après les autres devant un jury de 24 personnes composé de responsables du CIVA, de Colmar Expo, de responsables viticoles, de la gastronomie, du tourisme, des membres de la presse, du comité des Reines des Vins d’Alsace (association des anciennes Reines des Vins d’Alsace créée en 2012) et de Confréries viniques, pour une épreuve de 10 à 20 minutes.

Les candidates commencent par se présenter sans donner leur nom, un nom de domaine et leur village d’origine. Elles tirent au sort 3 questionnaires qui sont souvent sous forme de QCM sur des généralités sur les vins d’Alsace, des accords mets-vins et des spécificités régionales (alsaciennes). Et pour finir, le jury les interroge sur leurs motivations, des questions oenotouristiques ou d’autres activités touristiques en Alsace, citer des Grands Crus des deux départements, présenter un vin d’Alsace avec des accords non traditionnels, leurs disponibilités, si elles maitrisent les réseaux sociaux et certaines réponses étaient demandées en allemand ou en anglais. La question récurrente était «  Pouvez-vous décrire l’identité des vins d’Alsace ? ».

Tous les médias ont cité les 3 finalistes, mais les autres candidates n’ont pas démérité.

  • Pauline, après sa licence, commence son apprentissage sur le domaine familial et compte partir un an en Nouvelle-Zélande. Elle aime le contact avec la clientèle et, dans le cadre de ses études, a organisé la première marche gourmande du domaine. Elle a l’ambition d’y développer l’oenotourisme en créant des gîtes et un circuit dans le vignoble, ponctué d’explications sur les travaux viticoles et la vinification.
  • Marie-Célestine est la seule candidate, certes née en Alsace, mais non issue du milieu viticole. Ce qui ne l’empêche pas d’être passionnée par le vin et l’Alsace. Elle a beaucoup voyagé, entre autres en Afrique, et est de retour en Alsace depuis deux ans. Elle travaille à la réception du Casino Barrière de Ribeauvillé d’où une communication facile. C’était certainement la candidate la plus décontractée.
  • Deux Charlotte ont été sélectionnées. La première a fait un BTS technico-commercial en alternance et en septembre elle commence une licence vins et commerce à Colmar. Elle aimerait partir un an à l’étranger pour apprendre l’anglais. Son objectif est de reprendre l’exploitation de ses grands-parents, non reprise par ses parents . Comme ses grands-parents sont coopérateurs, elle aimerait travailler à mi-temps dans leurs vignes et faire un mi-temps chez un autre viticulteur ou en coopérative au caveau, pour garder un contact avec le client. La seconde Charlotte (dans l’ordre de passage devant le jury), est fille de viticulteurs, elle est actuellement en stage en Allemagne et en septembre entrera en deuxième année de BTS technico-commercial vins et spiritueux à Beaune. Elle aimerait reprendre le domaine familial avec son cousin.
  • Marion a un BTS viticulture-oenologie obtenu à Beaune, puis s’est spécialisée en commerce du vin à Rouffach. Elle est très impliquée dans le milieu associatif et syndical car elle fait partie des DiVINes d’Alsace, des jeunes agriculteurs option vigne et du groupe des jeunes du Synvira (Syndicat des Vignerons Indépendants d’Alsace). Elle a une vie professionnelle intense car elle travaille comme polyvalente à mi-temps sur le domaine familial, l’autre mi-temps sur un autre domaine avec les mêmes fonctions, mais en plus elle accueille les groupes. En plus de cela elle fait ponctuellement des animations en grande surface pour un troisième domaine viticole.

Quant au trio royal :

  • Marine Wessang, 23 ans, d’Ingersheim, est fille de viticulteurs et du Président de la Cave d’Ingersheim. Après son BTS technico-commercial en vins et spiritueux de Rouffach, part à Nîmes pour une licence en oenotourisme. Dans le cadre d’un stage au CIVA, elle a participé à l’organisation du premier Slow UP (2013). Pour améliorer ses connaissances en vin, elle a obtenu le diplôme de dégustateur premier degré et va passer le second degré. Elle est actuellement assistante commerciale pour la Maison Charles Sparr de Sigolsheim et travaille dans les vignes du domaine familial.
  • Maïté Burg, 21 ans, de Rott, est petite fille de viticulteurs, travaille dans les vignes et est hôtesse d’accueil à la Cave de Cleebourg. Pour elle le vin est un moyen de partage, de convivialité et de communication. Elle aime faire des rencontres et apprendre des autres. Elle est souriante, passionnée et s’intègre facilement. Elle pense que cette année sera riche en expériences.
  • La Reine des Vins d’Alsace 2016-2017, Mathilde Fleith, 20 ans, de Beblenheim, est fille de viticulteurs. Elle a fait une licence professionnelle vins et commerce à Colmar ; dans ce cadre une de ses missions était d’organiser et d’animer des visites de caves suivies de dégustations au Domaine Léon Baur d’Eguisheim où elle travaille actuellement. Pour elle, être Reine des Vins d’Alsace lui permettra d’approfondir ses connaissances en vins et de rencontrer des professionnels du monde viticole alsacien et d’autres régions ou pays.

Deux membres du trio s’étaient déjà présentés à l’élection de la Reine des Vins d’Alsace. Alors Mesdemoiselles, n’hésitez pas à vous représenter.

Durant les délibérations du jury, les candidates ont échangé leur ressenti sur l’épreuve, de ce qu’elles attendent de cette année et de ce qu’elles aimeraient apporter en cas de victoire. De l’avis de toutes, cette épreuve était stressante. On leur a reproché de ne pas parler de langues étrangères, mais au vu des études et des postes de ces jeunes filles, il est probable qu’elles pratiquent une ou plusieurs langues et que le stress les a déstabilisé.

Le jury a éprouvé des difficultés à départager les candidates car toutes étaient à la hauteur de leurs attentes, certaines années des personnalités sortent du lot et d’autres sont à côté de la plaque. Mais en 2016 les candidates étaient souriantes, conscientes qu’elles représenteraient et allaient promouvoir les vins d’Alsace et la région Alsace.