Les 24 et 25 juillet 2021, le Domaine Louis Sipp proposait une dégustation de 10 vins sur le thème du Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé de 2016 à 1971. Martine et Etienne proposent chaque année une dégustation au domaine sur des thèmes variés et accompagnés ou non de mets. Cette dégustation a drainé du monde sur les 5 créneaux proposés lors de ce week-end (3 le samedi et 2 le dimanche). 

C’est Étienne qui nous a servi de guide lors de cette dégustation, après nous avoir remis deux fiches (la première présente les vins, la deuxième fait un focus sur le Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé). Il nous donne quelques clefs pour connaitre, comprendre l’histoire et l’orientation environnementale du domaine, mais n’oublie pas de nous parler des terroirs de la cité des ménétriers et en particulier le Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé.

Le Domaine Louis Sipp est situé à Ribeauvillé, il est fondé dans les années 1920. Actuellement à la tête du domaine, Martine et Etienne Sipp, ont fait le choix d’une viticulture biologique (certifiée depuis 2005) pour améliorer la qualité de leurs vins, préserver les sols, la nappe phréatique et la santé des personnes qui travaillent la vigne. 

Le Domaine Louis Sipp est un grand domaine qui exploite environ 40 hectares de vignes dont les terroirs du Hagel, Muehlforst, Steinacker, Grossberg, Rotenberg, Trottacker ainsi que les Grands Crus Kirchberg de Ribeauvillé et Osterberg.

Le Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé est classé Grand Cru par décret en 1975, il représente 11,4 hectares à une altitude de 270 à 350 m. C’est un terroir qui présente des pentes très marquées et bénéficie d’une exposition Sud/Sud-ouest, bénéficiant ainsi d’un excellent ensoleillement. Constitué d’un sol marno-calcaro-gréseux, il est géologiquement très homogène grâce à une délimitation calquée sur le Kirchberg cadastral. Sans surprise, le Riesling est le cépage roi avec plus de 70% des surfaces revendiquées.

Mais ne tardons pas d’avantage et débutons cette dégustation : SR= Sucres Résiduels et AT = Acide Tartrique

  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2016 (SR: 3,9 g/l et AT: 4,7 g/l) : Nez discret mais présent sur des notes florales, citronnées et légèrement fumées. En bouche c’est franc, droit avec une acidité citronnée et déjà une belle longueur. Encore bien trop jeune, mais un très beau potentiel.
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2011 (SR: 9,1 g/l et AT: 4,4 g/l) : Nez puissant, très expressif sur le citron vert, une minéralité marquée (limite “pétrole“) et des notes de menthe et d’eucalyptus… c’est frais, à croquer! La bouche est ample, le SR est là mais ne s’impose pas, laissant place à un bel équilibre avec des acidités tranchantes et une minéralité présente. Très beau vin, équilibré, généreux et puissant… le seul à être servi en magnum.
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2006 (SR: 8,2 g/l et AT: 5,2 g/l) : Nez discret et peu flatteur, sur des notes lactées et de champignons. Après une aération plus longue on devine des notes de surmaturité et de fruits jaunes compotés. La bouche est droite, légèrement chaude avec des notes de citrons confits, une acidité fine et ciselée. Malgré un millésime compliqué, un nez peu flatteur ce vin possède une structure aromatique très équilibré.
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2001 (SR: 10,6 g/l et AT: 5,2 g/l) : Nez peu engageant (lacté), mais qui s’ouvre doucement sur des notes botrytisées, miellées, de fruits compotés (coing) et d’eucalyptus. En bouche c’est flatteur et d’un très bel équilibre avec des sucres bien fondus, une acidité et une salinité bien présente. Comme le 2006, le nez est peu avenant et nécessite une aération pour enfin s’exprimer favorablement.
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 1996 (SR: 10,6 g/l et AT: 5,2 g/l) : Nez complexe, poussiéreux avec des notes de truffes et légèrement florale. La bouche est droite, asséchante, limite cailloux (pierre à fusil) avec une acidité citronnée très marquée. Un vin clairement déroutant par rapport à ce qui avait été dégusté jusqu’à présent, mais ne manquant pas d’intérêts.
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 1991 (SR: 8,1 g/l et AT: 6,6 g/l) : Nez fumé et complexe avec des notes subtiles d’agrumes, de truffe blanche et de minéralité. Bouche franche,  droite, tendue. On retrouve en bouche le coté agrume, fumé et surtout une acidité fine présente jusqu’en fin de bouche. Un vin surprenant, d’un équilibre parfait… Top !
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 1986 : Au nez ce vin est très similaire au 1991 avec des notes mentholés supplémentaires. La bouche est puissante avec ses arômes minéraux, pierre à fusil, fumée et son palais structuré par une acidité fine et de petits amers en fin de bouche. Le seul vin qui n’était pas disponible à la vente, bien dommage.
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 1981 (SR: 5,5 g/l et AT: 5,4 g/l) : Nez difficile, discret légèrement boisé, sur la minéralité et quelques notes d’agrumes. En bouche c’est droit, salivant, minéral et d’une très belle longueur avec de petits amers en fin de bouche. Un très beau vin et un coup de coeur.
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 1976 (SR: 15,5 g/l et AT: 4,3 g/l) : Nez discret avec une pointe de surmaturité, des notes mentholées/camphrées et un coté citron confit très subtil. En bouche c’est ample, paradoxalement très frais, l‘équilibre SR/AT est juste parfait avec une très belle longueur sur des notes de citrons confits légèrement mentholées. Un vin d’une fraicheur exceptionnelle et surtout qui reste en bouche, vraiment top !
  • Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 1971 : Nez frais, très Riesling sur la minéralité, qui s’ouvre sur les fruits jaunes très murs, limite compotés avec un côté cire d’abeille. La bouche est droite, tendue, ciselée sur le citron avec de la matière, une belle longueur sans être aussi entêtante que celle du 76. Un superbe vin que nous avions déjà dégusté à la Confrérie Saint Étienne et dont nous gardions un très bon souvenir.

Comme toujours au Domaine Louis Sipp le cadre est familial et convivial, les tables pour la dégustation prévues pour quatre invités et le maitre de “cérémonie“ y participent grandement. Vous l’aurez compris ce fut une bien belle dégustation, qui se termina autour d’un dernier verre de 1971 en compagnie d’Etienne… et surtout l’achat de flacons d’exceptions, car oui ils étaient à la vente !

Encore bravo pour cette très belle dégustation !