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Quand la nature, la cuisine et le vin racontent une histoire commune

Il faut quitter la vallée, prendre de la hauteur, laisser la route s’échapper doucement pour comprendre Les Alisiers. À Lapoutroie, sur les hauteurs, la maison s’impose comme une évidence. Une ancienne ferme devenue hôtel-restaurant, posée face à un paysage saisissant. Ici, la nature n’est pas un décor : elle est une fondation.

Fondé en 1975, l’établissement est repris en 2005/2006 par Caroline et Matthias Degouy, compagnons de route dans la vie comme au travail. Près de vingt ans plus tard, Les Alisiers racontent une aventure profondément familiale, patiemment construite, sans jamais renier l’essentiel. “Maison de famille depuis 1975“, revendique aujourd’hui Matthias. Une phrase simple, mais qui résume tout.

Dès l’arrivée, le ton est donné. L’accueil est chaleureux, sincère, presque instinctif. La salle, lumineuse et authentique, invite à ralentir. On ne vient pas ici consommer un repas, on est reçu chez quelqu’un. Et cela change tout.

Une maison pensée comme un cocon

Aux Alisiers, tout est question d’équilibre. Entre exigence professionnelle et sincérité humaine. Matthias parle d’un lieu qui “donne le ton“, mais surtout d’un cocon. Une bulle hors du temps, nourrie par le calme, la montagne, les énergies presque telluriques du lieu.

“On reçoit les clients comme si c’était chez nous“, explique-t-il. Avec les codes du métier, bien sûr, mais avec ce supplément d’âme qui fait la différence. Cette relation, presque intime, est devenue leur carburant. Émotionnel avant tout.

Le paysage joue un rôle fondamental. Chaque matin, la vue rappelle pourquoi cette maison est là. Et pourquoi elle ne pourrait pas être ailleurs. “Si on était en ville, on garderait nos valeurs, mais ici, tout prend sens“, confie Matthias. Le potager, la permaculture, la proximité avec les producteurs… rien ne serait possible de la même manière sans cet ancrage.

Une cuisine sincère, vivante et réconfortante

Derrière les fourneaux, Benoît Parmentier officie avec discrétion et précision depuis près de vingt ans. Un pilier de la maison. Sa cuisine est à son image : lisible, juste, profondément respectueuse du produit.

Ici, pas de carte figée. Le menu se construit chaque jour, au rythme des saisons, des récoltes, de l’inspiration du moment. Une contrainte assumée, devenue signature.
La cuisine des Alisiers est raffinée sans être démonstrative, recherchée sans être complexe, et surtout profondément cocooning. Elle rassure, enveloppe, évoque parfois des souvenirs, tout en restant moderne et précise.

Le potager joue un rôle essentiel. De mai à octobre, chaque menu intègre au moins un élément issu de la terre de la maison. Une cuisine d’instant, en dialogue permanent avec la nature environnante.

La sommellerie comme fil conducteur

En salle, Caroline est bien plus qu’une sommelière. Elle est une mémoire, une intuition, une sensibilité. Arrivée très jeune dans la maison, elle s’est construite avec elle. Son rapport au vin est profondément émotionnel, mais jamais approximatif.

Aux Alisiers, l’accord mets-vins naît presque toujours de la cuisine. Chaque jour, Caroline adapte ses choix à ce que Benoît a imaginé. Elle goûte, ajuste, valide. Parfois même avant que le plat ne soit totalement finalisé. “Il faut que ça marche ensemble“, dit-elle simplement.

Les vins d’Alsace occupent une place centrale. Par conviction, par amour du terroir, mais aussi par envie de surprendre. Caroline aime déconstruire les idées reçues, réconcilier les Alsaciens avec leur vignoble, faire découvrir des expressions moins attendues, des assemblages, des vignerons engagés.

Elle choisit ses domaines avec soin, souvent seule, toujours après dégustation. Le lien humain compte autant que le vin. “Il faut qu’il y ait une émotion, une conviction“, explique-t-elle. La carte reflète cette philosophie : sincère, accessible, jamais ostentatoire.

Un trio à l’unisson

Ce qui fait la force des Alisiers aujourd’hui, c’est sans doute ce trio parfaitement accordé. Caroline en salle et à la sommellerie, Matthias à l’accueil et en salle, Benoît en cuisine. Trois personnalités complémentaires, unies par une même vision.

Depuis que Matthias a quitté la cuisine pour rejoindre la salle, l’équilibre s’est encore affiné. Le lien avec les clients s’est renforcé, l’ambiance s’est allégée. “On se marre, on est plus détendus“, raconte Caroline. Cette complicité se ressent immédiatement.

Vingt ans après la reprise, la maison a trouvé son identité. Elle continue d’évoluer, sans rupture, par petites touches. Avec humilité et constance.

Une maison sincère, comme un Riesling

Si Les Alisiers devaient être un vin, ce serait sans doute un Riesling. Droit, franc, profondément marqué par son terroir, capable de complexité sans jamais tricher.

Les Alisiers ne cherchent pas à entrer dans une case. Ni gastronomique, ni bistronomique, ni traditionnel. Ils sont simplement eux-mêmes.
Une maison authentique, nichée au cœur d’une nature magnifique, portée par un couple uni dans la vie comme au travail, une cuisine raffinée et réconfortante, une sommellerie engagée et humaine.

Un lieu où l’on revient. Parce qu’on s’y sent bien. Et parce que certaines histoires méritent d’être racontées et poursuivies.